Crises sanitaires : les députés jugent que « l’État peut et doit mieux faire »
La commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale a missionné trois députées sur la prévention et la gestion des crises sanitaires. En plus d’opter pour un meilleur accompagnement psychologique des agriculteurs touchés, la France doit investir dans la recherche, estiment les parlementaires.
Vous devez vous inscrire pour consulter librement tous les articles.
« Nous ne sommes pas prêts à affronter les crises sanitaires qui vont arriver en France. » C’est ce qu’affirme Manon Meunier, députée La France insoumise (Haute-Vienne), lors d’une conférence de presse à l’Assemblée nationale ce mercredi 18 février 2026. La commission des affaires économiques l’a missionnée, ainsi que Géraldine Grangier (Doubs, Rassemblement national) et Nicole Le Peih (Morbihan, Ensemble pour la République), pour réaliser une mission d’information flash sur « la prévention et la gestion des crises sanitaires dans les élevages ». Et selon leur travail, la députée de LFI rapporte qu’il n’y a « pas suffisamment d’agents dans la gestion de crise, pas assez de maillage territorial vétérinaire, pas assez d’équarrissage, et un gros retard sur la recherche ».
« La façon d’annoncer l’abattage total est essentielle »
À l’instar du rapport présenté par les parlementaires au Sénat, les trois députées pointent du doigt l’aspect psychologique et social de la crise de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) en 2025. « Bien que le dépeuplement soit marginal au regard du nombre de bovins en France, cela reste une expérience extrêmement traumatisante, appuie Nicole Le Peih. Face à un tel choc, la façon d’annoncer la décision de l’abattage total est essentielle. L’État peut et doit mieux faire. »
Psychologue d’hôpital, libéral à domicile, ou simple flyer, l’accompagnement réalisé lors de la crise de la DNC était totalement inégal selon les départements. « L’assistance sociale de la MSA a un rôle fondamental dans l’accompagnement de ces familles, qu’il soit psychologique, économique et administratif, insiste Géraldine Grangier. Ces recommandations peuvent être suivies sans même passer par une proposition de loi. »
Avancer dans la recherche de vaccins et de tests
Les députées souhaiteraient garder l’abattage total comme une mesure de « dernier recours », malgré les limites scientifiques relevées à cette date qui freinent la mise en place d’un protocole d’abattage alternatif. Pour Géraldine Grangier, un tel protocole nécessite, pour pouvoir s’appliquer, des avancées de la recherche en termes de vaccin et de dépistage.
« La plus grande limite reste l’impossibilité de différencier les animaux vaccinés des animaux infectés », souligne la députée du RN. Manon Meunier abonde, insistant sur la capacité de la France à « produire les vaccins et avoir des tests fiables. Il faut accepter d’avoir des lignes de budget plus conséquentes sur la gestion des maladies au niveau du ministère. »
Une surveillance accrue serait nécessaire pour mettre en place un protocole alternatif, et le maillage vétérinaire pêche. « Nous ne pouvons plus gérer dans l’urgence, martèle Nicole Le Peih. Le maillage vétérinaire est essentiel mais ce réseau se fragilise. »
Malgré leur réactivité inédite durant la crise de la dermatose nodulaire contagieuse, du renfort a été fourni par les vétérinaires des armées, les étudiants, les retraitées, etc. « Cela n’aurait pas été nécessaire si ça n’avait pas été un métier en tension », lance Géraldine Grangier.
Pour accéder à l'ensembles nos offres :